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La première radio libre de Tournai est née en mai 1979 sous le nom de Radio Libre Tournai, la station se voulait être un organe de lutte de contre-information dont les objectifs doivent aller dans le sens de la construction d’une société socialiste autogestionnaire  *

Concrètement la radio donnait la parole à tous ceux qui ne l’avaient pas, dans l’esprit des premières radios libres de l’époque affiliées à l’Association pour la Libération des Ondes.(ALO). Radio Libre Tournai émettait sur 102.3 MHz avec une puissance de 15w ce qui lui permettait de couvrir plus ou moins 10km.

Une des originalités de Radio Libre Tournai ce sont ces premières émissions (quelques heures par semaines) diffusées depuis une péniche. La radio a ensuite rejoint les locaux du théâtre Croquemitaine, installé rue de la Paix à Tournai. Ce qui lui a permis une certaine stabilité (auparavant le matériel était à chaque fois monté et démonté pour chaque diffusion) 

Cette installation dans un local fixe permit à la radio d’étendre sa grille de programme aux soirées de semaine et aux week-end. Durant Celui-ci, une équipe animait une formule déjantée :Radio Clito, par la tendance des amis du plaisir, avec l’émission Passe murailles, Antenne rose, une émission homo, Tam-tam : pour les communautés étrangères, une émission féministe, des émissions musicales pointues (jazz, classique, rock, etc.), aussi une forme de talk-show radio avant l’heure. La semaine était consacrée à une grille plus conforme aux autres radios locales.        

RLT a été saisie le 17 avril 1980. Le 1er mai suivant, une fête de soutien a réunis plus de 800 personnes et a permis de payer le procès qui a suivis et de mobiliser les forces culturelles. RLT a aussi pu racheter le matériel saisi et reprendre ses émissions, d’abord dans la clandestinité et puis au grand jour sous le nom de Radio Dans l’Gaz. Ce sera dorénavant ce nom qu’elle utilisera jusqu'à la fin de ses activités.

Comme dans quasi toutes les radios de l’époque Radio Dans l’Gaz à connu une scission de quelques animateurs, ceux-ci ont lancés Radio Martin qui n'émettait que le week-end. Par la suite Radio Dans l’Gaz a quitté les locaux du théâtre Croquemitaine pour s’installer au sommet du Boulevard Albert à Tournai, où la situation était plus favorable pour la propagation des ondes.

En mai 1981 radio Interim commence à émettre depuis la grand-place de Tournai avec une grille complète et des moyens plus importants. Comme partout elle sera suivie par d’autres radios du même genre (WLS, TLS…) toutes ces initiatives commerciales contribueront à la réduction des équipes d’animateurs des premières radios et aussi à la démotivation et l’épuisement des équipes bénévoles. En 1984 Radio Dans l’Gaz cessera ses émissions.

*Extrait d’une fiche signalétique établie par la communauté française sur les radio en activité au 1er semestre 1980.   (dossiers pointillés)

 

 Le théâtre Croquemitaine existe toujours, vous pouvez découvrir ses activités ici

 

Dans la presse : La Cité la 09 janvier 1980

 

 

 

Le communiqué annonçant la saisie de la radio

 

 merci à Marcel Solbreux pour sa collaboration. 

 Radio Contact + était la radio "Oldies" du groupe Contact, elle s'adressait en priorité au plus de 50 ans. Elle avait été crée suite à une pétition de 22.000 signatures d'auditeurs réclamant le retour de l'animateur "Coco Van Babelghem" qui présentait des émissions en bruxellois sur radio Contact depuis le début de la radio en 1980. Il avait été déplacé sur Contact 2 avant d'être aussi débarqué de celle-ci, son style ne convenant plus à l'évolution du programme adulte de Radio Contact.

Pour répondre à la demande des pétitionnaires Francis Lemaire,  le fondateur de radio Contact, avait décidé de créer spécifiquement une station permettant d'accueillir "CoCo" et ses auditeurs. restait à trouver une fréquence... Et justement il y en avait une de libre à Bruxelles depuis la disparition de Fréquence elle: le 104.3 Mhz.

Rien de plus facile donc que d'y installer un émetteur, le 18 février 2001 c'est chose faite : on pouvait entendre les premières notes de musique de Contact +. La nouvelle radio n'avait aucune autorisation d'émettre, elle profitait d'une décision de la cour d'appel de Bruxelles qui avait annulé en 1992 les modalités de fonctionnement de l'IBPT, ce qui empêchait l'institut de contrôler les radios. Cela ouvrait la voie à l'apparition de toute une série de radios qui profiteront plus tard du même vide juridique.

Tout de même prudente Contact + n'émettait que le week-end avec une puissance assez réduite. 

Le groupe Contact n'était pas le seul à avoir fait le constat qu'il y avait peu de risque d'émettre sans autorisation... C'est ainsi que le 10 mars 2001 les auditeurs bruxellois eurent la surprise d'entendre sur 104.3 Mhz le signal de la radio française spécialisée en musique urbaine Skyrock dont le signal était émis simultanément à celui de Contact +, entraînant une mini guerre des ondes dans la plus pure tradition de ce qu'on avait connus dans les années 80 sur la bande FM.

Cette bagarre eu pour conséquence une forte augmentation de puissance de la part de Contact + qui couvrait complètement la radio française, cette dernière abandonna la partie une semaine après laissant Contact + seule utilisatrice du 104.3 Mhz. Cela fût un bonne leçon pour Contact + qui dorénavant occupa à forte puissance la fréquence toute la journée.

Les programmes de Contact + étaient principalement composés de musique non-stop des années 50, 60 et 70 et de 2 animateurs : Coco le dimanche matin et à la matinale Ricky Fox qui lui aussi avait fait les beaux jours de Radio Contact dans les années 80.

En 2006  Contact + relayait après 20h les programmes de la radio de musiques électro Radio FG, un changement radical de style justifié par la direction de Radio Contact par le fait que "les auditeurs de Contact + n'écoutaient pas la radio à cette heure là".

Le 20 mars 2002 le CSA condamnait Contact + pour ses émissions sans autorisations sur 104.3 Mhz et concluait son avis par :  Il appartient à l'IBPT - Institut belge des postes et télécommunications, auquel la présente décision est transmise, de procéder à la mise hors service, par tous les moyens légaux de l'émetteur qui utilise illégalement la fréquence 104.3 à Bruxelles. (décision n°3/2202 du 20 mars 2002). Une formule qui conclura dorénavant chacune des décisions du CSA lorsqu'il sera confronté à des émissions diffusées sans autorisation ce qui ne manquera pas d'arriver jusqu'à l'établissement du nouveau plan de fréquence de 2008.

Cette décisions à l'encontre de Contact + ne sera pas, comme les autres, suivies d'effet. Non seulement elle poursuivra ses émissions à Bruxelles, mais d'autres fréquences légales ou non, seront ouvertes en Wallonie. Contact + sera ainsi diffusée à Bassenge sur 105.9 Mhz, à Bastogne sur 106.4 Mhz, à Beauraing sur 94.7 Mhz, à Bertrix sur 107.3 Mhz, à Charleroi sur 91.9 Mhz à Liège sur 107.8 Mhz et à Namur sur 99.7 Mhz. 

Le 30 janvier 2008 la radio fût condamnée par un tribunal à payer 5.000€ d'amende pour avoir brouillé, depuis novembre 2005 la radio flamande Be One qui émettait sur 104.2 à Leuven.

En 2008  Contact + postula comme radio indépendante à l'appel d'offre pour le nouveau plan de fréquence mais fût recalée en raison de sa grande proximité avec Radio H ( Radio Contact / Bel-RTL) qui avait postulé pour les 2 principaux réseaux de fréquences et qui exerçait une position dominante sur l'offre radiophonique adressée au public, une décision a rapprochée de celle prise pour les mêmes raisons à l'encontre de Mint. Le 1er août 2008 Contact + cessa définitivement d'émettre à Bruxelles où elle céda sa fréquence à Foorire Fm. Les émetteurs de province avaient eux déjà été mis à l'arrêt le 18 juillet. 

Les adieux de Coco le 18 juillet 2008 et l'annonce de la fin de programmes : 

 

 

 Bonus : En collaboration avec le site Tuner.be, nous vous proposons l'extrait d'une interview d'Etienne Lemarque qui animait le dernière matinale de Contact + le 18 juillet 2008. ( il remplaçait à ce poste Ricky Fox) 

 je suis triste. Pas pour moi. Pas pour la radio. Pas pour RTL. Mais pour tous les auditeurs de Contact +. Ce matin c'était la folie. de nombreux collégues, de toutes les radios, m'ont fait part de leur soutien. Même via Facebook ! Nous avons reçus de nombreux appels, et nous avons même reçus plus de SMS que Radio Contact ! Pour les auditeurs de Contact +, c'est une véritable perte. A part Radio Plus , à Liege , il ne reste plus de radio seniors sur la bande FM. Il y avait pas mal d'émotion ce matin. 

 

 

 

 

 

 

 

  

Radio Libre Terroir émet pour la première fois le samedi 17 mars 1979, peu de temps après Radio Louvain-La-Neuve (octobre 78).

A cette époque RLT a un concept de radio original porté par plusieurs partenaires de l’Est du Brabant wallon : deux Maisons de jeunes  (Le Moulin à Zétrud-Lumay et le Vivace à  Tourinnes-St-Lambert),  la Coopérative de Recherche et d'Animation du Brabant-Est (le CRABE), la Compagnie théâtrale Sang Neuf, l’Atelier Image et Son de Tourinnes-la-Grosse.

L'émetteur, acheté en commun par les 2 Maisons des Jeunes et le Crabe, est itinérant et sert de manière ponctuelle au gré des événements de la région. 

Au fil du temps les partenaires évoluent. 

En 1981, RLT comprend 4 partenaires : Le Crabe, les MJ Les Crayeux (Grez-Doiceau),Le  Vivace  et le Moulin.

Le Crabe prend plus d'importance. Le Vivace finit par se retirer et créer sa propre radio (sous le nom de Radio libre terroir - Vivace-) suite à un conflit sur l'entrée d'autres partenaires dans l'association.

1982 : la radio hiberne.

En 1983, un nouveau projet se prépare. Les statuts de l’asbl CEN.PA.V.E (Centre de production audiovisuel du Brabant Wallon de l’Est)  paraissent au Moniteur début 1984.  En avril, un studio permanent est installé à Opprebais. Radio Libre Terroir émet 4 jours par semaine, uniquement avec des bénévoles (près de 50 en 84).

RLT fait la part belle à l'information culturelle avec une série de magazines et de capsules sur divers sujets. Elle tente d'y impliquer les citoyens. Côte musique la station bannit de sa programmation la musique commerciale et les dédicaces, très présentes sur les autres stations de la région.

Par la suite les animateurs s’essoufflent un peu et lèvent le pied pour des raisons professionnelles et familiales. La radio réduit sa grille de programme (W.E. uniquement). Elle reste toutefois « alternative » par rapport aux radios des environs. Sa démarche citoyenne démontre qu’il est possible de produire autre chose que les sempiternelles émissions « dédicaces »

Le CRABE, association pluraliste et progressiste, a toujours veillé à ce que RLT corresponde aussi à cette image.     Ce type de radio répondait parfaitement au décret alors en vigueur. Elle a été reconnue officiellement le 26 juillet 1984.                  

En 1985 l'équipe travaille sur un grand projet de radio régionale avec du personnel engagé, pour cela ils sollicitent des forces vives locales de gauche. Ce projet n'aboutit pas, et l'instigateur principal de ce projet trouve un boulot ailleurs, ce qui a mis fin à RLT.

L’asbl CEN.P.A.V.E. a été dissoute lors de son assemblée générale du 6 janvier 1989. Le matériel de Radio Libre Terroir (antenne, émetteur et ampli) a été offert à une communauté Queshua dont les maisons sont éparpillées dans les montagnes (Cordillère des Andes) à une centaine de kilomètres de Cochabamba (Bolivie).  La colonne vertébrale de RLT sert aujourd’hui véritablement de lien communautaire et est très largement utilisé par les habitants.

 

 Le son : 

un extrait d'une émission de 1984 consacrée à la résistance dans la région  (à l'occasion du 40e anniversaire de la libération)