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Radio Vers l'Avenir est née en mai 1983 à Namur, sur 100 Mhz. elle avait été fondée par le journal "Vers l'Avenir" qui voulait ainsi prendre pied dans le monde de la radio. Le récent accord entre Radio Métropole à Charleroi et la Nouvelle Gazette du groupe Rossel, faisait craindre à Vers l'Avenir l'arrivée d'un concurrent radiophonique dans son fief namurois. 

La création de Radio vers l'Avenir inaugurait la première radio directement crée par un organe de presse, elle sera suivie par Rossel et le réseau RFM et plus tard par DH radio.  

Le studio de la radio était installé dans le bâtiment du journal, Boulevard Mélot à Namur. Cinq journalistes de rédaction s'étaient portés volontaire pour présenter les informations : Michel Colinet, Jean François Paco, Robert Nicolas, Jean Claude Fyon et Eric Mulders. Les 4 premiers poursuivaient leur travail eu sein de la rédaction, le 5e travaillait lui à temps plein pour la radio.  

Du côté de l'équipe d'animation on trouvait, entre autre,  Julie (ex Contact) Pascale Williem, Piou, Jean Paul Lefebvre, Marc Bouvier, Patrick Olivier (Patrick D'orval )... Tous les animateurs de la radio étaient rémunérés, ce qui pour l'époque était un exception, la plupart des radios fonctionnaient encore avec une majorité de bénévoles. Cette volonté de s'adjoindre une équipe de professionnel de la radio permit à Radio vers l'Avenir de rivaliser avec le décrochage locale de la RTBF tant au niveau de l'information locale que des émissions d'animation dont 'le café du commerce, 'la baraka jeu', 'à plein tubes'...

Autre fait marquant, la radio fut sans doute une des seules, surtout de cette taille, à n'avoir jamais été saisie.

Très vite Radio Vers l'Avenir tissa des liens avec d'autres radios locales wallonnes, dont certaines plus ou moins liée à des titres régionaux du journal, comme Radio Concept à Verviers liée au quotidien "Le Jour". Les infos locales étaient distribuées sur cassettes à ces radios (les réseaux étaient encore interdits).  

 En 1987 les premiers réseaux apparaissent avec SiS et Radio Contact, Radio vers l'Avenir suit le mouvement et développe sa collaboration avec cinq radios "de base' et 7 radios complémentaires, indépendantes, mais bénéficiant de la structure de Vers l'Avenir. La suite de l'histoire de Radio Vers l'Avenir est étroitement lié à la faillite de SiS en 1988. Les 3 stations qui appartenaient en propre à SiS sont reprisent par le franchisé Nostalgie du nord de la France.

Un an plus tard celui ci tombe à son tour en faillite et les 3 stations SiS passent sous la propriété du groupe NRJ.

Vers l'Avenir rachète alors la marque Nostalgie mais est privée des grandes villes au mains de NRJ avec le programme Chérie FM. C'est donc au départ de Namur que se construit le développement de la marque Nostalgie avec les partenaires radios qui profitaient déjà des programmes et une partie des anciens franchisés SiS.

L'objectif du groupe de presse est d'être présent hors de la zone habituelle de lecture du journal ( Charleroi et Liège) 

En février 1993 Nostalgie s'implante à Bruxelles et y installe sa tête de réseau, Namur devient alors un simple relais passif du programme.

Entre temps la marque Nostalgie à été rachetée en France par le groupe NRJ ce qui permet, en Belgique, le développement du réseau sur toute la Wallonie. Si le journal reste associé à la radio, petit à petit l'implication de Vers l'Avenir au sein de la nouvelle structure va diminuer au profit de l'actionnaire français. En 2007 l'Asbl "évéché de Namur" sort de l'actionnariat, laissant tout le loisir à NRJ de devenir majoritaire. 

 Un extrait de Radio Vers l'Avenir lors des fêtes de wallonie en 1986

et un petit bout de l'histoire de Radio Vers l'Avenir racontée par Jean François Paco 

 

 

 

 Pour bien comprendre toute la saga de SiS et la reprise des stations par Nostalgie France et Vers l'Avenir nous vous proposons un résumé de la situation par les services du CSA.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une publicité d'époque pour le lancement de la version belge de Nostalgie.

 

 

 

 

 

 

Dans les années 80, la FM évolue très vite et les séparations, fusions, créations de radios sont fréquentes. Une partie des animateurs de la défunte Fm Inter (ex Radio Huguette) souhaite poursuivre l’aventure radiophonique et est à la recherche d'une nouvelle radio pour reprendre ses locaux. Antenne Sud, qui vient de se créer, cherche des locaux et une fréquence, à partir d'Etterbeek, en région bruxelloise. Ainsi commence l'aventure d'une station qui se veut différente des autres radios qui, presque toutes, envahissent les ondes de chansons anglo-saxonnes. Antenne Sud veut défendre la chanson francophone d'ici ou d'ailleurs.

En septembre 1983 elle voit le jour dans un appartement situé juste en face du Cinquantenaire à Etterbeek.

La station est crée par Lydia Faenza qui était proche de l'équipe de SiS et avait même été approchée pour gérer Belle fm (La radio féminine de SiS). Faute de voir ses idées suivies, elle décide de les appliquer elle-même en créant sa propre radio.

Une grille horaire complète et 36 animateurs venus d’horizons différents, comme les quelques animateurs de Radio Huguette, mais aussi Super Max (ex Radio Contact), Bruno, Chris, Daniel (ex Radio Aurore), Jempi, Achille (ex SiS ), Mike, Giles, Frédéric...et Elisabeth pour les relations publiques de la station.

Tout a été pensé au mieux. Il ne reste plus aux animateurs qu'à respecter le quota demandé dont 70 % de chansons francophones (ce qui est le plus dur). L'indicatif de la station est Gazebo "I like Chopin" pas connu à l'époque, qui devient l'été suivant un tube que personne n'a oublié, un paradoxe d'ailleurs pour une radio qui se veut francophile.

Des émissions très appréciées témoignent de la diversité à la station ( NightShift, La Bourse aux chansons francophones, Caravan avec Ramsès & Sethi qui préparaient des émissions à thèmes.

Les années passent et Antenne Sud commence à se faire une place au sein de la FM. Le plus dur reste à obtenir une fréquence dans le nouveau plan de fréquence de la Communauté française. Malheureusement difficile  d'y arriver sans une aide extérieure. Un dossier est en bonne et dû forme est envoyé, semble-t-il  "oublié" au fond d'un tiroir. Fait exprès ou non ? Malgré une dernière tentative en extrême urgence Antenne Sud reçut l'ordre, par les autorités, de cesser d'émettre.

La dernière émission est programmée le 16 janvier 1987. Quelques années plus tard, une proposition sera faite de relancer Antenne Sud. A la seule condition que les animateurs doivent travailler bénévolement, ce qui ne fût pas accepté par la présidente. La situation avait fortement évolué et beaucoup d'animateurs commençaient à être rétribués dans d'autres radios.

 

Le son: un extrait d'Antenne Sud

 

 

 

 

 Fréquence 1 est l'exemple type de la radio privée bruxelloise, du milieu des années 80, qui apportait un ton jeune et frais sur la bande FM. Elle reflétait l'esprit d'initiative de jeunes animateurs et entrepreneurs animés par la passion de la musique. Elle est née en 1983 après la tentative avortée de fusion de Sud Inter (voir notre article) et de Radio Kiss qui, plutôt que de se brouiller mutuellement (elles utilisaient la même fréquence : le 100 Mhz), avaient eu l'idée de fusionner sous le nom de Radio Kiss. Mais entre désir et réalité, ça ne se passe pas toujours comme on le pense…

Cette fusion ne dura qu’un temps, la rivalité des deux stations et les perspectives étaient trop différentes. Ce qui entraîna dans un deuxième temps une scission et le départ de quelques animateurs de Kiss comme Jean Lou Bertin et Philippe Demuyser … 

L’équipe des dissidents s'installa dans un tout petit local situé à l’altitude 100. Il ne restait plus qu'à trouver un nom. C'est au cours d'une réunion avec toute l'équipe que le choix est fait: le "1" est souhaité en référence à Europe 1 et le mot "fréquence" colle bien à la FM, ce sera donc Fréquence 1 . La jeune station reprend ses émissions sur le 100 Mhz. Nous sommes à la fin de l'année 1983.  Le slogan de la nouvelle radio est «La FM se décapsule ». Pour parvenir à se faire une place sur une bande fm archi-saturée il faut un site d'émission à la hauteur des ambitions, ce sera le toit des galeries Rivoli à Uccle.

Fréquence 1 grâce aux prouesses technique de son patron installe un pylône gigantesque muni d’un sapin d'antennes "Yagi" assurant une diffusion du signal plus loin que nécessaire et autorisé. Chaque vendredi soir, dès 18h jusqu’au dimanche soir compris, l’émetteur double sa puissance au point d’avoir des auditeurs en Flandre, et même au Grand-Duché du Luxembourg et en Hollande.

La technique n'est pas tout :il faut aussi avoir des animateurs à la hauteur. Et on peut dire à ce sujet que Fréquence 1 a su réunir une équipe talentueuse qui aujourd'hui encore est connue dans le monde des médias. On y trouve Jean-Lou Bertin, Pierre Walkiers , Philippe Deraymaker, Frédéric Herbays, Philippe Demuyser… Le week end est mis entre les mains d’Yves Duchemin, Daniel Sax (régisseur) rejoint peu après par Xavier Houters. La direction d'antenne est confiée à Erik Silance.

Un autre point important pour se faire une place au soleil c'est l'information. La radio s'associe à l'éditeur de La Libre Belgique, la Dernière Heure et de la version Belge de Paris Match (IPM). Olivier Maroy est nommé directeur de l'information. les journalistes travaillent depuis les bureaux de la DH, relevant aux premières heures du matin les télex de l'agence Belga, rédigeant ensuite leurs infos, pour les diffuser sur antenne par téléphone.

Tout cela fait assez vite de Fréquence 1 une des stations les plus écoutées de la capitale avec un ton frais et séduisant que l’on peut dénommer « contemporary hit radio ».

A l'été 1984 la bande 104-108 Mhz est ouverte et Fréquence 1 se précipite sur cette partie de la bande FM où les perturbations sont encore quasi inexistantes et où elle ne risque pas d'être muselée par les dérangements de la multitude de radios émettant entre 100 et 104.0 Mhz. La station s'installe sur 106,75 et puis sur 106,3 MHz. Cette politique est difficilement comprise par l'équipe qui est bouleversée par ces changements, allant même jusqu'à s'insurger, persuadé que personne ne les écoutera sur cette partie si haute et encore très peu fréquentée de la bande FM.

Pendant ce temps Bruno Bonaert, le fondateur de la station, doit toujours faire face à des défis financiers pour payer tout ce petit monde, ce qu’il fait, mais avec de plus en plus en retard. Les problèmes de trésoreries ne l'aident pas à garder son personnel, souvent courtisé par des stations concurrentes. Erik Silance est retourné chez SiS, Jean Lou Bertin et et Fréderic Herbays cherchant de nouveaux défis sont engagés par Radio Contact. Après de nombreux départs, c'est Xavier Houters et Jean Paul Pessemier qui sont chargés de s’occuper de la grille et de faire tourner la boite. Un rapprochement avec une station flamande est envisagé – elle vient de s’installer dans les locaux juste à côté - La survie des 2 entités est menacée au point d’unir les moyens.

Fréquence1 a un esprit d’équipe, une cohésion de groupe et un acharnement à rester dans la compétition. La régie fait des prouesses pour vendre et défendre la radio…

Nous sommes en 1987, la Communauté française sort son premier plan de fréquence. Le nombre de candidats est beaucoup trop important par rapport aux fréquences disponibles. Pour caser un maximum de radios sur la bande fm, les autorités applique un principe qui a montré toute son injustice et son inefficacité : le partage de fréquence entre des radios qui, au mieux, avaient certains points en commun.

Cette mauvaise idée est d'actualité pour Fréquence 1 qui se voit mise en partage avec Fréquence Elle (une radio faite par et pour les femmes) sur la fréquence 104.3 Mhz. Les deux radios doivent se répartir le temps d'antenne mais ne s'entendent pas. Les financiers de chaque groupe, souhaitent rentabiliser au mieux les deux radios, ce qui laisse peu de place à un ensemble cohérent de radio. Les départs, dont celui de Jean-Paul Pessemier, se succèdent dans les deux radios. Bruno Bonaert, se sachant très malade, baisse les bras.

La fin de Fréquence1 s’écrira comme un mélodrame avec des dégâts collatéraux importants sur le plan financier et des frustrations immenses sur le plan humain. Fréquence 1 et Fréquence Elle sont à l'agonie et ne peuvent résister bien longtemps à un rachat par Télé 6 (la station fondée par des anciens de SiS et autorisée sur 100 Mhz). Télé 6 qui a des liens familiaux avec la directrice de Fréquence Elle, rachète les 2 radios et change par la même occasion de nom.

Dorénavant Télé 6 s'appellera Top Fm Nord et Fréquence Elle/Fréquence 1 portera le nom de Top Fm Sud, un beau coup stratégique qui permettra à la nouvelle radio de bénéficier, au grand dam de ses concurrents, de deux fréquences à Bruxelles.

Fréquence 1 a été un véritable laboratoire expérimental où de nombreuses personnalités se sont affirmées et où la passion de la radio s’est révélée être le catalyseur principal. Une expérience unique pour tous ceux qui y sont passés. Un dernier mot encore sur l'homme de l'ombre qu’était Bruno Bonaert qui a toujours su s’entourer, mais qui a surtout su transmettre sa passion pour la radio.

  Un extrait des débuts de Fréquence 1 sur 106.75 Mhz