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 Tropique FM émettait depuis la commune de Rixensart dans le centre du Brabant wallon. Contrairement à ce que pourrait laisser croire son nom, elle ne diffusait pas spécialement de la musique tropicale. Sa programmation musicale était composée de Hits et de morceaux cool tempo. Son nom était plus un positionnement marketing et une manière de se différencier qu'une identité sonore.

Si Tropique FM apparait sur les ondes en 1985, son histoire est plus ancienne et remonte en 1979 avec radio Inter Galaxie, une station lancée à Rixensart par des cibistes.

Comme presque toutes les radios, au cours de son histoire elle subit des saisies, des changements d'équipe, des départs, des arrêts et des reprises d'émissions. C'est à l'occasion d'un changement de fréquence (du 103.6 Mhz sur 100.4 Mhz) qu'Inter Galaxie devient Tropique FM un changement de nom qui va de paire avec une volonté de renouveau et de professionnalisme.

Ses changements lui  permettent d'obtenir une autorisation d'émettre lors du premier plan de fréquence sur 106.2 Mhz. Si cette autorisation est une bonne nouvelle, la radio est confrontée à un phénomène bien connu dans le monde des radios libres : la dissolution progressives des équipes au fil de l'évolution personnelle, familiale et professionnelle des animateurs et au difficile renouvellement des équipes bénévoles accentué par le fait que la radio ne se trouve pas dans une agglomération urbaine.

C'est dans ce contexte qu'en 1989 Tropique FM quitte le local qu'elle occupait dans la commune de Bourgeois faute de moyens humains et financiers suffisant, pour se rapprocher de la maison des jeunes de Rixensart où elle s'intègre aux activités de celle-ci. Certains des animateurs de Tropique FM connaissaient bien la MJ pour y avoir eux-même fait de la radio au tout début des années 80, sur l'antenne de Radio Margot, une des plus anciennes radio de la région mise sur pied par les amis de la Terre. Les anciens de Tropique FM l'avait quittée à l'époque à cause de son orientation jugée trop à gauche dans cette comme bourgeoise du Brabant wallon.

L'intégration à la Maison des jeunes permit à Tropique Fm de poursuivre de manière plus réduite ses activités ce qui ne l'empêcha pas de continuer à décliner et à subir la lente érosion de ces équipes. Petit à petit Tropique FM devenait une radio pour senior avec beaucoup de plages de musique non-stop et un baisse de ses revenus. Les réseaux étaient en même temps en train de former et prospectaient les radios indépendantes pour relayer leurs programmes.  Pour éviter la déconfiture totale de leur association les responsables de Tropique FM se mirent eux aussi à rencontrer divers réseaux. Radio Contact et Fun radio sont approchés, mais c'est finalement Nostalgie qui l'emporte suite à l'échec de ses négociations avec Antipode.

En 1992 Tropique FM devient donc Radio Nostalgie Brabant wallon avec quelques animateurs et émissions produites en local. Une collaboration qui cessa en 1994 suite au renouvellement des autorisations, qui voit la licence passée de Tropique FM à Nostalgie et qui attribue la fréquence 104.5 Mhz à Wavre. Tropique Fm n'est plus alors qu'un relais passif de Nostalgie, la radio ne possédait d'ailleurs plus de studio, la présence dans une maison de jeunes étant incompatible avec la diffusion d'un réseau commercial. 

 

 

 

le son: un extrait de tropique fm en 1988

 

 

 

Dans la presse: La Dernière Heure du 08 mars 1988

 

 

 

 

Merci à Bernard Martin pour sa collaboration à la rédaction de cet article

 

une publicité pur le lancement du réseau joker fm, (ici pour l'émetteur de Nivelles)

La naissance de Joker fm est à mettre en rapport avec le contexte politico-médiatique de l'époque. On parlait de l'arrivée imminente d'un nouveau plan de fréquence qui allait donner une existence légale aux réseaux. Les autorisations détenues par les radios franchisés seraient transférées aux têtes de réseaux*.  C'est le moment que choisis la régie publicitaire Power 2 pour fédérer une série de franchisé NRJ ( 12 sur 19) et de radios indépendantes sous le label Joker fm. 

La date de lancement de ce nouveau programme axé sur le rire n'était pas choisie au hasard : le 1er avril 1998.

Ce sont des divergences de vue stratégiques et commerciales en rapport avec le futur plan de fréquence qui ont poussées le fondateur de Power 2 à passer du rôle de régie locale à Bastogne à celui d'opérateur radiophonique national.

Pour lancer son réseau avec une majorité d'anciens franchisés Power 2 se basait sur l'idée que les réseaux n'étaient légalement pas reconnus et que les contrats de franchises étaient caducs jusqu'au prochain plan de fréquence. Selon cette argumentation les radios franchisées étaient libres de diffuser ce que bon leur semblait sur leurs antennes, et en l'occurrence le programme Joker fm. Une affaire similaire avait donné raison en 1995 à Fréquence elle qui avait pu se défaire de la franchise Europe 2.

Ce sont donc au total pas moins de 23 radios qui diffusèrent le programme d'humour inspiré du programme français rire et chanson.

Si joker fm n'eut aucun mal à trouver des radios franchisées en Wallonie, ce ne fut par contre pas le cas à Bruxelles.   L'absence de diffusion dans la capitale lui fermait de facto les portes des régies publicitaires nationales et contribua à la disparition du réseau qui, un an plus tard (le 1er juin 1999) s'associa au groupe Contant pour développer développer Contact Gold, qui n'était présent que dans quelques villes wallone. Grâce à l'apport des fréquences de Joker fm, le réseau adulte du groupe Contact obtenait une diffusion communautaire et récupérait aussi au passage quelques fréquences pour BFM. Le Nouveau réseau se présentait comme une banque de programme destinés aux radios indépendantes, il reprenait la programmation adulte de Contact Gold et des capsules humoristiques,  héritage de Joker fm. 

 

Entretemps NRJ était parvenue, par une décision de justice, à récupérer une partie de ses franchisés.

 

 

* le plan de fréquence n'a été mis en place qu'en juin 2008

 

les sons: une promo pour la matinale de joker fm

 

et l'annonce de l'arrivée de Contact 2 (dont le nom était remplacé par un bip pour garder la surprise)

 

 

 

 

 

 

 

 


BFM est arrivée à Bruxelles en 1994, La franchise de la radio française d'information a été prise dans notre pays par Francis Lemaire. Le fondateur de Radio Contact possédait une autorisation d'émettre à Bruxelles via l'association de développement des mass médias (ADMM) détentrice d'une licence pour Radio 104 une des plus anciennes radio bruxelloise qui après avoir été reconnue en 1987, était passée dans le giron de Radio Contact.

Depuis l'autorisation de 1987 divers programmes avaient été diffusés sur la fréquence détenue par l'Asbl : NRJ et Contact Plus (qui était une première tentative de radio de petites annonces et d'informations) 

La diffusion de BFM avait plusieurs avantages : Elle poursuivait l'utilisation de la fréquence, elle offrait un véritable programme sérieux et crédible, et elle ne faisait pas d'ombre aux autres radios de la galaxie Contact. Si à  ses débuts BFM était une reprise par satellite du programme français, par la suite une véritable rédaction fût mise en place avec des programmes belges.

BFM a été une premières à profiter de l'absence de régulation pour ouvrir une fréquence sans autorisation à Champion (Namur) sur 107.1 Mhz qui sera suivie de Wavre sur 101.9 Mhz et de Charleroi sur 101.4 Mhz. Elle put aussi profiter de l'acquisition du réseau Joker fm par le groupe Contact pour obtenir d'autres fréquences.

en 2007 au moment de l'intégration du groupe Contact dans la holding Radio H de RTL groupBFM se présenta comme un réseau indépendant d'informations économiques afin d'optimiser ses chances d'obtenir un des 2 réseaux urbains prévus lors de l'appel d'offre de 2008. Cette indépendance de BFM se faisait par la vente des actions détenues par Francis Lemaire aux autres actionnaires de la société BFM+

 Quelques jours avant que l'autorité de régulation ne prenne sa décision, qui était jusque-là favorable à l'autorisation de BFM, un courrier anonyme envoyé au CSA dévoila, selon le régulateur, une convention secrète par Laquelle diveres sociétés de Francis lemaire, disposaient d'une option d'achat sur la moitié du capital de BFM et que tout indiquait que l'option allait être levée en cas d'attribution d'une autribution d'une autorisation à BFM  

Le CSA estima aussi que la vente des actions détenues par les sociétés de Francis Lemaire était en fait une fausse vente permettant d'avancer masqué dans la procédure d'appel d'offre. La manoeuvre avait pour but de replacer BFM dans l'orbite du groupe RTL. IL aurait été contraire aux principes du CSA visant à garantir une absence de concentration des autorisations dans les mains d'un acteur majoritaire dans le domaine des médias (RTL group). Cette règle avait déjà été appliquée pour justifier le non-reconnaissance de Mint.

Le 11 juillet 2008 BFM introduit un recours devant le conseil d'Etat, qu'elle perdit le 14 août de la même année. Les émetteurs furent couper et le personnel remercié. La radio postula pour le 2e appel d'offre pour le réseau urbain qui fût en définitive attribué à Ciel Info du groupe de presse IPM.

Une nouvelle tentative de ramener BFM fût tentée en 2013 lors de l'appel d'offre pour la fréquence indépendante 104.3 Mhz, une initiative cette fois du groupe IPM. Une erreur dans la réponse à cet appel d'offre élimina cette candidature lors de la pré-sélection des dossiers  

 

Le son : La fin de BFM le 14 août 2008

 

 

 

Note: Dans sa dernière émission l'équipe de Bfm a fait preuve de fair-play en donnant la parole sur son antenne au responsable de la Radio Catholique Francophone qui allait dorénavant occuper sa fréquence bruxelloise.

 

Bonus: Communiqué de presse de BFM publié sur le site d'info Média Tuner.be  le 07 aout 2008. (Le concurrent dont il est fait allusion est Ciel Info (Twizz - DH radio) la radio de l'éditeur de presse IPM) 

 

Après avoir été écartée du Plan fréquence élaboré par le CSA en juin dernier (suite à une manoeuvre déloyale d´un probable concurrent évincé), BFM doit à présent fermer tous ses émetteurs en Communauté française. Ainsi en ont décidé le Conseil Supérieur de l´Audiovisuel et l´IBPT chargé de faire la police sur la bande FM. Selon leur interprétation de la loi, BFM doit cesser d´émettre pour laisser la place aux opérateurs ayant obtenu leur autorisation lors du premier appel d´offre. Cette interprétation n´est pas partagée par BFM ! Nous estimons que le décret de la Communauté française qui règlemente l´attribution des fréquences FM permet à un opérateur qui n´a pas obtenu de reconnaissance et qui est candidat à un nouvel  appel d´offre, de continuer à émettre pendant la durée de la procédure. En effet, officiellement, les deux appels´offres «forment un tout indissociable » !!

 Ils nous apparaît donc évident que la décision du CSA et les interventions de l´IBPT sont non seulement illégales, mais aussi injustifiées, car porteuses des germes de distorsion de concurrence.

 Cette mise hors service sous la contrainte n´exprime donc ni acquiescement à l´injonction de fermeture, ni reconnaissance de son bienfondé.  BFM se réserve d´ailleurs la possibilité de la contester par toutes voies de droit. BFM subit en effet un préjudice grave dont la radio entend demander ultérieurement réparation.

 C´est donc contraints et forcés mais certainement pas résignés, que nous couperons TOUS nos émetteurs dès le 15 août prochain. Il va de soi que nous entendons respecter les droits des radios qui ont obtenu des fréquences dans le cadre du premier appel d´offre bouclé en juin dernier, mais nous dénonçons le flou juridique existant concernant le sort des candidats au deuxième appel d´offre, ainsi que l´absence d´explications claires de la part de la Communauté française et du CSA sur leur interprétation des textes légaux.

 Les conséquences sont évidentes elles aussi. Pour l´entreprise tout d´abord. BFM se voit contrainte de procéder au licenciement de toute son équipe rédactionnelle et technique. Il est, en effet, impossible de maintenir l´emploi sans la moindre rentrée financière. Pour nos partenaires ensuite. Pour l´auditeur, enfin. Le voici privé du seul média radio 100% info de la bande FM.                                                                      

Aussi inacceptable et injuste soitelle,la situation ne nous empêche cependant pas d´avoir confiance pour l´avenir. Notre radio et son concept éditorial garantissent au paysage radiophonique communautaire la qualité et la diversité que recherchent la Communauté française et le CSA au travers de l´appel d´offre en cours pour l´attribution du dernier réseau de fréquences disponible.                                                            

Nous ne doutons pas un instant que BFM obtiendra son droit d´exister et de diffuser une info que nos auditeurs disent intelligente sur base de son dossier de candidature. Celuici prévoit une production éditoriale locale de 80% des programmes, 7 jours sur 7.